Point vue de F.Bayrou sur la chute vertigineuse du leader UMP
Publié le 4 Février 2008
et les promesses de Sarkozy
03/02/2008 | Mise à jour : 21:32 | Commentaires

Pour François Bayrou, «un personnage qui ne corrrespond pas à l'idée qu'ils se faisaient de la fonction de président de la République s'est révélé aux Français».
Invité du «Grand Jury» RT -Le Figaro-LCI, le président du Mouvement démocrate a dénoncé «l'étalage» de la vie privée du chef de l'État.
François Bayrou ne regrette pas de ne pas avoir voté au second tour pour Nicolas Sarkozy, dont il dit ne pas partager les valeurs. Pour le président du MoDem, qui était hier soir l'invité du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI, la baisse de la cote de popularité du président de la République dans les sondages s'explique d'abord par son style, « son rapport à l'argent, aux milliardaires, ou sa soumission à un certain nombre de puissances, qui ne correspond pas à ce qu'attendaient les Français » « Quand vous vous mettez en situation de vous faire l'instrument, l'inconditionnel d'un certain nombre de puissances, financières en particulier, vous n'êtes plus aux yeux des Français, le président de la République », a-t-il souligné.
Pour le troisième homme de la présidentielle, «il s'est révélé aux Français un personnage qui ne correspond pas à l'idée qu'ils se faisaient de la fonction de président de la République», «tout ça a commencé la nuit de Fouquet's»… Interrogé sur le mariage du chef de l'État avec la chanteuse Carla Bruni, le député des Pyrénées-Atlantiques a déclaré «détester l'utilisation et l'étalage de la vie privée». Selon lui, tout ça «a une fonction absolument précise, qui est de détourner l'attention des citoyens, l'attention de l'opinion, de l'essentiel pour la porter vers l'accessoire».
Le chef du MoDem explique encore la chute du président dans les sondages par le fait qu'«il a fait des promesses strictement intenables» et qu'«il a pris au début de son mandat des décisions qui vont à l'encontre d'un redressement de ce pays». «Il n'y a pas l'ombre d'une chance qu'on soit à l'équilibre [des finances publiques] en 2012», assure-t-il.
Quant aux déclarations des conseillers du président de la République dans la presse, François Bayrou a jugé que ce n'était pas «sain». «C'est sain dans une monarchie. Dans une République, ce n'est pas sain. Dans une République, on estime qu'il y a des responsables qui sont élus pour ça», a-t-il martelé. Sur la commission Attali, François Bayrou a vivement critiqué la méthode : «Nicolas Sarkozy s'est fait élire sur l'idée de “tout ce que je dis, je le ferai”. Et voilà, que, une fois au pouvoir, il convoque M. Attali pour lui dire : “Et maintenant qu'est-ce qu'on fait ?” Or je ne sais pas quelle autorité il a pour ça ?»