François Bayrou refuse de cautionner un plan de relance dont il conteste l’ampleur

Publié le 8 Décembre 2008

François Bayrou enfonce un coin dans le plan de relance présenté par Nicolas Sarkozy. Le président du Mouvement démocrate (MoDem) a indiqué, samedi 6 décembre, à l’issue du conseil national de sa formation, qu’il n’envisageait pas de le voter lorsqu’il sera examiné à l’Assemblée nationale, début janvier 2009. Il avait pourtant voté le plan de sauvetage bancaire le 14 octobre. Pour l’ancien candidat à l’élection présidentielle, la relance Sarkozy “ne permettra pas de changer le visage de la crise”. “Il y a beaucoup d’habileté, pour ne pas dire d’illusion, sur sa présentation comptable, estime M. Bayrou, mais, au bout du compte, cela ne représente que 4 milliards d’euros d’investissements réels, soit à peine 0,25 % du PIB. On est très loin de l’effet de levier nécessaire. Ce n’est pas avec ça qu’on va arrêter ou détourner la crise.” Le député des Pyrénées-Atlantiques met en relation ce “plan peu substantiel” avec le montant du “paquet fiscal” adopté en début de législature, qui représente un coût annuel de 12 milliards pour le budget de l’Etat. “Une erreur majeure”, à ses yeux, qui “prive la France de toute marge de manoeuvre en période de mauvais temps”. “Nous allons sortir de la crise tout nus”, a, pour sa part, estimé Jean Peyrelevade, vice-président du MoDem chargé des questions économiques. M. Bayrou déplore l’absence de “réflexion commune” à l’échelle européenne. “On aurait dû mettre sur la table l’idée d’un grand emprunt européen à hauteur de 3 % du PIB, chaque Etat européen aurait pu puiser pour conduire ses politiques de relance”, suggère-t-il, plaidant pour une “mutualisation du risque”. A la critique de l’“insuffisance” du plan, le président du MoDem ajoute la dénonciation de la mesure annoncée par le chef de l’Etat qui vise à relever de 206 000 euros à 5,15 millions d’euros le seuil d’autorisation des procédures allégées d’appel d’offres pour les marchés publics. “C’est une décision dangereuse”, s’est-il élevé. “On ne peut pas se servir de la crise comme paravent pour faire sauter des règles prudentielles précisément dressées pour éviter les dérives des marchés de gré à gré dont on sait qu’ils ont été générateurs de tant de complaisances, voire de corruptions”, s’indigne-t-il, convaincu que, “en tout état de cause, le Conseil constitutionnel aura son mot à dire” sur ce sujet.
Patrick Roger
Le Monde.fr - Patrick Roger-08-12-2008

Rédigé par G.D

Publié dans #Vie du Mouvement

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