Faut il axer absolument sa politique sur le sport ? "évidemment"

Publié le 23 Février 2008

Un jeune sportif sur trois confronté à une forme de violence sexuelle

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Francois Guillot AFP/Archives ¦ Isabelle Demongeot (g), qui avait porté plainte contre son ancien entraîneur pour viol, le 20 juillet 2007 à Paris avec la ministre des Sports Roselyne Bachelot

  Environ 30% de jeunes pensent avoir été déjà confrontés à une forme de violence sexuelle dans le cadre sportif, selon des chiffres révélés vendredi lors de la présentation par la ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports, d'un plan de lutte contre ce phénomène et la "loi du silence" qui l'entoure.

 




A la demande de la ministre Roselyne Bachelot, Greg Decamps, psychologue, et Sabine Afflelou, psychiatre, mènent depuis septembre une enquête pilote en Aquitaine, bientôt étendue à toute la France. Selon les résultats intermédiaires de leurs travaux, 110 des 356 jeunes sportifs de 13 à 23 ans interrogés pensent ou affirment avoir été confrontés à au moins une forme de violence.

Responsable de la terminologie de l'étude, le Dr Afflelou distingue trois degrés de violences sexuelles: l'agression (viol ou tentative, attouchements, 24 cas déclarés) et l'atteinte (acte caractérisé par le non-usage de la force mais de la persuasion ou du conditionnement, 29 cas) concernent majoritairement des victimes de sexe féminin.

En revanche, le harcèlement, qui implique l'absence de contact physique (voyeurisme, exhibitionnisme, brimades), est le plus souvent subi par des garçons. C'est également la forme de violence la plus souvent déclarée par les jeunes (71 cas).

Contrairement à beaucoup d'idées reçues, l'entraîneur n'est pas l'accusé le plus fréquent. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'un autre sportif. Et d'un homme dans 90% des réponses.

Dans les faits, ces actes pratiqués sur des mineurs ne diffèrent en rien des agissements pédophiles. "Mais il y a un déplacement des normes dans le milieu sportif qui fait parfois accepter des choses inacceptables", explique Sabine Afflelou. "Le sport est un milieu à part. Le rapport au corps y est particulier. Il y a des disciplines comme la gymnastique où l'entraînement suppose un contact. Et les parents sont parfois moins vigilants sous prétexte que le sport c'est bon pour la santé."

L'enquête a révélé un autre phénomène, également notable dans les cas de pédophilie, celui de "la culpabilité ou de l'auto-accusation" qui explique la part importante (40 réponses) de jeunes sportifs qui ne font que "penser" avoir été victimes de violences sexuelles.

C'est ce "tabou", cette "loi du silence", que Roselyne Bachelot souhaite abolir avec le plan dont elle a présenté les détails vendredi en présence de sa conseillère technique sur le sujet, l'ancienne joueuse de tennis Isabelle Demongeot, dont le livre "Service volé", paru en mai 2007, avait contribué à la prise de conscience du problème.

La ministre a présenté les deux affiches qui serviront de support à la campagne de sensibilisation et seront tirées à plus de 20.000 exemplaires: "Sportif oui, victime non", peut-on y lire au dessus des photos d'un garçon, ou d'une fille, prostré(e) sur le banc d'un vestiaire.

Un numéro Vert a également été activé (08.842.84.637) et les présidents de toutes les fédérations sportives sont invités à signer la Charte de bonne conduite déjà paraphée par Henri Sérandour, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), et qui contient des recommandations de base telles que la non-mixité des vestiaires, l'interdiction de conversations sur les orientations sexuelles ou la séparation des lieux de vie des sportifs et des encadrants.

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© 2008 AFP

Rédigé par Joris

Publié dans #Revue de presse

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