La Révolution Démocrate.

Publié le 17 Février 2008

Assumer que nous sommes des révolutionnaires

Il est difficile, pour un mouvement qui fut longtemps une force d’appoint de centre-droit inféodée à la droite, d’assumer que nous sommes des révolutionnaires. C’est pourtant ce que l’élection présidentielle de 2007 a fait de nous.

Contrairement à une idée reçue qui tient beaucoup à notre héritage historique, un mouvement révolutionnaire n’est pas nécessairement un mouvement armé. Au milieu du siècle dernier, aux Etats-Unis, le mouvement des droits civiques, avec pour figure de proue Martin Luther King, était proprement révolutionnaire, puisqu’insurrectionnel vis-à-vis de la ségrégation encore pratiquée dans ce pays : il était néanmoins pacifique. Gandhi est un autre exemple de mouvement révolutionnaire, cette fois pour l’indépendance de son pays, qui s’inscrivit clairement et d’emblée dans la non-violence.

Plus prosaïquement, un mouvement politique est révolutionnaire lorsque, tout à la fois :

- il refuse les règles du jeu politique en vigueur,
- il s’oppose frontalement aux élites qui dominent le système politique, économique et culturel[1],
- il propose un système politique dont le fonctionnement et les valeurs sont incompatibles avec celui qui est en place,
- il est en rupture de ban d’avec les mouvements politiques qui, eux, défendent le système en place quitte à proposer de le réformer à la marge.

La campagne présidentielle que mena François Bayrou en notre nom à tous remplit ces 4 conditions, de même que l’esprit de la fondation du MoDem qui s’ensuivit. Les règles du jeu politique en vigueur sont bien rejetées, par la dénonciation du verrouillage des institutions et du duopole démocratiquement minoritaire de l’UMP-PS. Il y a bien opposition frontale aux élites qui dominent le système politique, économique et culturel, en particulier par le défi lancé à TF1 en cours de campagne présidentielle et par un discours vigoureusement anti-microcosme parisien. Le système politique proposé, fait d’ouverture, de rassemblement et de déverrouillage, est bien rigoureusement incompatible avec la pratique UMP-PS du choc frontal gauche-droite, de l’esprit de clan, et du verrouillage des grands corps de l’Etat[2]. Enfin, il y a bien rupture de ban d’avec les forces du duopole UMP-PS, puisque le ralliement de hauts cadres de l’ancienne UDF à l’UMP marqua le divorce clair entre les tenants de l’autonomie (un centre-droit qui tempère la droite) et les tenants de l’indépendance (un centre antisystème qui ne s’inféode pas à l’un des deux partis du duopole).

C’est une chose d’être devenus des révolutionnaires dans les faits et dans notre idéologie. C’en est une autre de l’assumer et de l’affirmer publiquement, à tous les niveaux du fonctionnement de notre mouvement. Tant que nous maintiendrons la moindre ambiguïté sur notre positionnement, nous perdrons sur tous les tableaux : non seulement les citoyens partisans des réformes consensuelles douteront de notre esprit réformiste, et se tourneront vers le Nouveau Centre, mais en plus les citoyens partisans d’une révolte pacifique antisystème ne nous rejoindront pas, parce qu’ils douteront de notre souffle révolutionnaire.

Il est donc indispensable, et urgent, de clarifier notre positionnement aux yeux de l’opinion publique. Cela revient concrètement à affirmer, à tous les niveaux de notre discours, que nous sommes bien un mouvement antisystème qui propose de nouvelles règles du jeu politique. En d’autres termes, un mouvement révolutionnaire.

[1] Culturel au sens large, ce qui inclut aussi bien la vie culturelle que les médias.

[2] La fin du mandat de Jacques Chirac en particulier regorge d’exemples de « recasages » d’inféodés dans les structures de l’Etat, tous types confondus. 

Posted by thomas_guenole 

"Osez le choix démocrate MoDem authentique"

Rédigé par Joris

Publié dans #Vie du Mouvement

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