Au-delà des municipales, Bayrou veut former une "alliance des reconstructeurs"

Publié le 10 Février 2008

François Bayrou s'est projeté dimanche au-delà des élections municipales, qui s'annoncent difficiles pour le Mouvement démocrate (MoDem), pour esquisser les contours d'une "alliance des reconstructeurs" face à "l'immense dérapage" de la présidence Sarkozy.

Devant plusieurs centaines de militants et candidats, réunis à la maison de la Chimie à Paris pour une "Convention municipale", le leader centriste a réaffirmé sa volonté de ne pas faire des échéances de mars un "référendum sur le pouvoir".

"Pour nous, les élections municipales sont des élections municipales, les élections locales sont des élections locales", a-t-il martelé.

Le MoDem ne peut espérer la conquête que de rares villes - principalement Pau où M. Bayrou est candidat - et compte surtout constituer un réseau de conseillers municipaux et généraux.

Le parti ayant été largement renouvelé, avec l'arrivée de nombreux militants dans la foulée de la présidentielle, M. Bayrou a salué la "naissance d'une génération nouvelle", qui veulent mettre fin à la notion du "camp contre camp".

Alors que la stratégie d'"autonomie" du MoDem, qui n'interdit pas ça et là des alliances avec l'UMP et le PS dès le premier tour - comme avec Alain Juppé à Bordeaux ou François Rebsamen à Dijon - suscite des tensions internes, M. Bayrou a réaffirmé sa volonté de "faire apparaître au niveau local des majorités d'idées qui ne seront pas le décalque" de celles existant au niveau national.

"Les républicains sont pour nous tous fréquentables", a-t-il dit. "Ceux que nos écartons, ce sont les sectaires".

Mais le leader centriste s'est très vite projeté dans l'avenir, tendant tout d'abord la main à ses anciens compagnons de route ralliés à la majorité présidentielle.

"J'ai beaucoup d'affection pour eux après des décennies de combat ensemble. Nous nous retrouverons quand cette jouvence que vous portez aura produit ses effets sur le territoire", a-t-il lancé aux participants.

Il n'a cependant pas exclu de nouvelles défections à court terme. "Le PS et nous allons être sollicités pour aller dans une nouvelle vague de recomposition gouvernementale, et une nouvelle fois la faiblesse humaine se trouvera récompensée", a-t-il prédit sans citer de nom.

Le trésorier du parti, Michel Mercier, qui vient de démissionner de la tête du MoDem du Rhône pour marquer son désaccord avec une liste autonome à Lyon, est régulièrement cité comme possible futur ministre.

M. Bayrou a fait une critique en règle du pouvoir exercé par Nicolas Sarkozy, voyant notamment dans le coup de théâtre autour de la candidature à Neuilly-sur-Seine (Haust-de-Seine) de David Martinon, porte-parole de l'Elysée, une nouvelle illustration du style "monarchique" du chef de l'Etat, avec "grâces et disgrâces des favoris".

"De cet immense dérapage, notre pays risque de sortir traumatisé", a-t-il dit. "Le temps viendra donc assez vite, je le crains, où la question sera celle de la reconstruction d'un projet national. C'est ce rendez-vous là qui sera notre rendez-vous".

Il a souligné que cette "oeuvre immense", visant à "remettre le pays sur ses rails" exigera des "rassemblements nouveaux" dont il a esquissé le périmètre.

"Il faudra une alliance des démocrates et des républicains, il faudra un jour, et plus vite qu'on ne le croit, que puissent parler et travailler ensemble des forces de gauche, des forces du centre démocratique et la partie la plus consciente de la droite républicaine", a ajouté le "troisième homme" de la présidentielle.

Rédigé par Joris

Publié dans #Vie du Mouvement

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