MST explosent à nouveau en France

Publié le 6 Février 2008


Les MST explosent
à nouveau en France

Les MST explosent
à nouveau en France

Martine Perez
06/02/2008 | Mise à jour : 09:14 |
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Une consultation à l'hôpital Cochard.
Une consultation à l'hôpital Cochard. Crédits photo : Patrick ALLARD/REA

La recrudescence des gonocoques, des chlamydia et de la syphilis serait la conséquence d'une reprise des comportements sexuels à risques.

» DOC - L'intégralité du bulletin épidémiologique

La politique de prévention des maladies sexuellement transmissibles (MST) a du plomb dans l'aile. Tous les indicateurs montrent une recrudescence des infections (gonocoques, chlamydia, syphilis), transmises lors de rapports sexuels, qu'il s'agisse de relations hétéro ou homosexuelles. Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'Institut de veille sanitaire publie en effet cette semaine des chiffres attestant de cette augmentation des MST en France. Outre les conséquences sanitaires propres à ces infections (maladies chroniques chez l'homme, risques de stérilité chez la femme), ces données sont la traduction d'une reprise des comportements à risques, d'un moindre recours au préservatif et donc d'un risque accru de transmission du virus du sida.

Les infections à gonocoques présentent la particularité d'avoir une courte période d'incubation et de donner des symptômes «bruyants» chez l'homme. Elles sont donc à ce titre un indicateur très réactif des comportements sexuels à risques.

Un réseau de 200 laboratoires d'analyses médicales analyse chaque année le nombre de souches de gonocoques isolées. Au cours des trois dernières années, la croissance du nombre de cas est constante, avec 50 % en plus en 2006 par rapport à 2005. Avec une augmentation très marquée chez les femmes (plus 264 %) et en province (plus 94 %). L'âge moyen des patients concernés est de 30 ans pour les hommes et de 23 ans pour les femmes. Il faut enfin noter une progression des souches résistantes à la ciprofloxacine, un des antibiotiques de référence dans cette affection.

L'infection à chlamydia trachomatis est la plus fréquente chez la femme. Elle ne provoque que peu de symptômes ; mais, en l'absence de traitement, elle peut induire des lésions au niveau des trompes, responsables de stérilité ou de grossesse extra-utérine. Depuis le début des années 2000, une croissance des infections à chlamydia est observée en France, comme dans tous les autres pays industrialisés. En Angleterre par exemple, cette augmentation peut être mise sur le compte d'un dépistage systématique proposé aux moins de 25 ans, dans le cadre de la lutte contre la stérilité. Il faut souligner qu'en France, entre 2003 et 2006, le nombre de cas a augmenté de 55 % chez l'homme et de 62 % chez la femme. Reste à savoir si une telle augmentation est à mettre sur le compte de la progression de la maladie ou seulement sur l'amélioration du dépistage et du diagnostic.

 

Relancer la prévention

 

La syphilis avait quasiment disparu en France dans les années 1990 pour réapparaître au début des années 2000 presque exclusivement parmi les homo ou les bisexuels, particulièrement d'ailleurs chez ceux co-infectés par le virus du sida. Malgré des campagnes d'information et de prévention, cette maladie potentiellement grave en l'absence de traitement ne marque pas de recul. Entre 2000 et 2006, 2 306 cas ont été diagnostiqués en France. Après une petite diminution en 2005, le nombre de cas augmente en 2006, en particulier en Ile-de-France et dans la région Nord-Pas-de-Calais. Le nombre de cas commence à apparaître chez les hétérosexuels, jusqu'à présent largement épargnés.

La publication de ces données devrait inciter les pouvoirs publics à relancer des campagnes de prévention des comportements sexuels à risques.

Rédigé par Joris

Publié dans #Revue de presse

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