Voeux de F.Bayrou et reaction à la politique de civilisation

Publié le 9 Janvier 2008

Le président du Mouvement démocrate (MoDem) François Bayrou lors d'une conférence de presse, le 9 janvier 2008 à Paris (Photo Franck Fife/AFP)

Mercredi 09 janvier 2008, 15h39
Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, a dénoncé mercredi "la politique du tournis" et "une fuite en avant éperdue" de Nicolas Sarkozy, au lendemain de la première conférence de presse du chef de l'Etat à l'Elysée.

"La politique du tournis, pour nous, c'est le contraire d'une vraie politique de réforme", a déclaré M. Bayrou lors de ses voeux à la presse au siège de son parti à Paris.

L'ex-candidat à l'Elysée a déploré des "annonces précédant toujours la réflexion, dans une fuite en avant éperdue, où le lendemain perd de vue ce qui a été dit la veille".

"On a une impression d'improvisation, d'influences contradictoires, de foucades, toujours assénées sur le même ton volontariste". "Mais où est la logique, où est la cohérence, où est la préparation, où est la négociation préalable?", a-t-il demandé.

Faisant le bilan des huit premiers mois au pouvoir de Nicolas Sarkozy, le "troisième homme" de la présidentielle a relevé une impression de "confusion" et de "désillusions", prenant l'exemple du travail et du pouvoir d'achat.

"J'imagine que si l'on supprime les 35 heures, c'est pour allonger la durée du travail", a-t-il dit. "Et donc on va remplacer des heures supplémentaires, payées 25% de plus, non chargées et non imposées, par des heures normales, payées 25 % de moins, chargées et imposées".

"Si je compte bien, c'est donc travailler plus pour gagner moins", a-t-il jugé.

Il a cité une récente analyse de Denis Kessler, ancien numéro 2 du Medef, selon lequel les réformes décidées consistent à "défaire méthodiquement tout ce qui a été fait en France à partir du programme du Conseil national de la résistance".

Le député des Pyrénées-Atlantiques a critiqué d'autres annonces du chef de l'Etat, comme l'éventuelle suppression de la publicité sur les chaînes publiques, "un incroyable cadeau aux télévision privées", ou la réécriture du préambule de la Constitution: "les grands principes s'expriment de manière simple, moins on les change, mieux c'est".

Il s'en est pris une nouvelle fois à la conception du pouvoir de Nicolas Sarkozy, fustigeant "l'idée fausse que dans un pays comme le nôtre, on peut décider de tout au sommet" et le "pouvoir d'un seul homme, c'est bien cela qu'on appelle monarchie", y décelant un côté "puéril" mais aussi "régressif pour la société".

"C'est la sagesse qui aujourd'hui manque le plus", a-t-il estimé, regrettant "les mots utilisés comme rideau de fumée pour dire le contraire de la réalité".

"On dit politique de

 civilisation, et la réalité est abandon de la civilisation au profit de la société de la force, de l'argent et de la +pipolisation+", a-t-il jugé.

Celui qui a souvent dénoncé l'"instrumentalisation de la vie privée" a souligné au passage que "la pudeur est une bonne vertu".

Rédigé par Joris

Publié dans #Politique

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